Tapez « logiciel diagnostic immobilier » dans un moteur de recherche et vous tombez sur une dizaine d'éditeurs français : Liciel, DiagMobile, Diag Pilote, Gestion Diag, DiagInfo, et d'autres. Ils sont solides, anciens pour certains, et conçus pour un métier qui n'est pas tout à fait le vôtre. Cet article explique pourquoi, ce qu'un cabinet suisse doit chercher à la place, et les questions qui départagent les outils.
Pourquoi les logiciels français ne collent pas
En France, le diagnostiqueur immobilier produit le dossier de diagnostic technique (DDT) exigé à la vente ou à la location : DPE, amiante, plomb (CREP), électricité, gaz, termites, état des risques (ERP), mesurage Carrez. Les logiciels du marché sont organisés autour de ces diagnostics réglementaires, de leurs trames officielles et des certifications françaises des diagnostiqueurs.
En Suisse, ce cadre n'existe pas. Il n'y a ni DPE obligatoire à la vente (le CECB est un autre objet, volontaire ou cantonal), ni loi Carrez, ni ERP. Le diagnostiqueur suisse est un diagnostiqueur des polluants du bâtiment : amiante d'abord, puis plomb, PCB, HAP, HBCD, parfois radon et qualité de l'air intérieur. Son cadre est fédéral (OTConst, ORRChim, ORaP) et cantonal (directives de Vaud, de Genève, du Valais…), sa reconnaissance passe par le Forum Amiante Suisse (FACH) et l'examen national, et il facture en francs avec une QR-facture.
Un logiciel français vous donnera des trames DPE dont vous ne ferez rien, des certifications que vous n'avez pas, une facturation en euros avec une TVA française, et un hébergement soumis au RGPD sans mention de la LPD suisse. Il vous manquera le reste. Nous détaillons le cadre suisse dans Diagnostic amiante en Suisse : quand est-il obligatoire ?.
Les 7 critères d'un cabinet suisse
1. Le terrain, hors-ligne
Le diagnostic se fait dans des sous-sols sans réseau. L'application terrain doit créer une mission complète (pièces, photos, prélèvements) sans connexion et synchroniser ensuite. C'est le critère qui élimine le plus d'outils, et nous lui consacrons un article.
2. L'échantillon comme objet central
Le métier suisse tourne autour du prélèvement : numéro, pièce, matériau, substance, photo, étiquette, envoi labo, résultat. Un logiciel conçu pour des diagnostics visuels (DPE, électricité) traite le prélèvement comme une annexe. Cherchez un outil où un échantillon est une fiche, avec son étiquette QR imprimée sur place et son bordereau généré depuis la liste.
3. Le rapport, conforme aux attentes cantonales
Identification, méthodologie, inventaire par pièce, résultats, cartographie, degrés d'urgence, conclusion ; le type de rapport (AvT, UN, ApT) ; le nom et le numéro FACH. Et des contrôles avant signature : un échantillon sans résultat, un matériau amianté sans degré d'urgence, ne doivent pas passer. Voir Que doit contenir un rapport de diagnostic amiante ?.
4. La facturation suisse
QR-facture, TVA suisse ou exonération sous 100 000 francs (art. 10 LTVA), numérotation continue que l'on peut reprendre d'un logiciel précédent, facture liée à la mission. Détails dans QR-facture suisse : ce qu'un cabinet doit savoir.
5. Les données : où, comment, combien de temps
La nLPD s'applique à tout cabinet depuis le 1er septembre 2023. L'éditeur doit dire dans quel pays il héberge, comment il isole vos données de celles des autres clients, et signer un contrat de sous-traitance. Les rapports doivent être figés à la signature et conservés longtemps. Voir nLPD : ce qui change pour un cabinet et Combien de temps conserver un rapport ?.
6. L'envoi et le suivi
Le rapport part par courriel avec ses annexes (analyses, photos, facture), avec un modèle par type de client (régie, particulier, copropriété), et le cabinet sait s'il a été ouvert. Les relances de lecture et de paiement se programment à l'envoi.
7. La migration
Vous avez des clients, des biens, des missions passées, des rapports. Un éditeur sérieux les reprend, et dit comment. « Vous pourrez ressaisir » n'est pas une réponse.
Les questions à poser à un éditeur
Prenez une mission réelle et demandez une démonstration dessus, pas sur un exemple préparé. Puis :
- Puis-je créer 30 prélèvements avec photos en mode avion, imprimer leurs étiquettes, et synchroniser ensuite ?
- Le numéro d'échantillon attribué sur place est-il celui du bordereau et du rapport ?
- Comment les résultats du laboratoire reviennent-ils : ressaisie, import, ou rattachement à la référence ?
- Que refuse le logiciel de signer ? Montrez-moi un rapport incomplet.
- Quelle est l'adresse de mes données, et qui d'autre y a accès ?
- Que se passe-t-il pour mes rapports si je résilie ?
- Combien coûte la reprise de mes 400 missions passées, et combien de temps prend-elle ?
Un mot sur les tableurs et les traitements de texte
Beaucoup de cabinets travaillent encore avec un modèle Word, un tableur pour les échantillons, la pellicule du téléphone pour les photos et un logiciel de comptabilité à part. Ça fonctionne, à un coût invisible : la ressaisie. Chaque information est tapée 3 ou 4 fois (carnet, tableur, bordereau, rapport), et chaque frappe est une occasion d'erreur que personne ne détecte. Le gain d'un outil intégré n'est pas la vitesse de saisie, c'est la suppression des copies.
Ce que Diagflows en fait
Diagflows a été conçu pour les cabinets de Suisse romande sur ces 7 critères : application terrain hors-ligne, échantillon comme fiche avec étiquette QR et bordereau, rapport à 7 sections avec contrôles avant signature, QR-facture et TVA suisse, hébergement en Union européenne dans une base par cabinet, envoi et relances, migration prise en charge. Il ouvre progressivement aux cabinets suisses ; la liste d'attente est sur la page d'accueil.
Sources
- Suva, Diagnostic amiante, particuliers et bureaux d'architectes
- Forum Amiante Suisse, Pour les spécialistes
- Diag Pilote, Logiciel de diagnostic immobilier (DDT) et de gestion ; DiagMobile, Logiciel de diagnostic immobilier ; Gestion Diag, Logiciel pour diagnostiqueur immobilier (positionnement des éditeurs français, tel qu'ils le décrivent)
L'équipe Diagflows