Diagnostic plomb en Suisse : peintures anciennes et travaux

Où le plomb se cache dans les bâtiments suisses, ce que l'ORRChim interdit depuis 2006, ce que Genève exige avant de poncer, et comment mener le diagnostic.

Le plomb dans les peintures n'a pas la notoriété de l'amiante, et pourtant il est encore présent dans une part importante des bâtiments anciens. Il ne dégage rien tant qu'on ne le touche pas. Il devient dangereux au ponçage, au grattage, au décapage thermique : les poussières s'inhalent, les écailles s'avalent, et les enfants sont les premiers touchés. Le diagnostic plomb sert à savoir, avant les travaux, où intervenir avec précaution.

Ce que dit le droit

L'ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim, annexe 2.8) interdit les peintures et vernis contenant plus de 0,01 % de plomb depuis le 1er août 2006. Comme pour l'amiante, l'interdiction porte sur la mise sur le marché ; elle ne retire rien des murs.

Le canton de Genève va plus loin. Sa loi de 1907 sur l'emploi du plomb et de ses composés dans les travaux publics et dans les travaux privés du bâtiment (RS/GE L 5 11) interdit de poncer, de brûler ou de gratter à sec les peintures à base de céruse. Le canton demande aujourd'hui un diagnostic avant le début des travaux de rénovation dans tout bâtiment construit avant 2006 dès que ces travaux impliquent ponçage, sablage, grattage ou décapage thermique de peintures. L'entreprise qui intervient doit annoncer son intervention au service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants (SABRA) au moins 24 heures avant le début des travaux.

Sur le plan fédéral, les obligations générales de protection des travailleurs s'appliquent : art. 6 LTr, art. 82 LAA et art. 3 OTConst imposent d'identifier les dangers avant de commencer. Genève rappelle que le diagnostic avant travaux y couvre l'amiante, le plomb, les PCB, les HAP et le HBCD. Nous détaillons la partie amiante dans notre article dédié.

Où chercher

Les peintures au plomb ont plus de chances de se trouver :

  • dans les bâtiments construits avant les années 1950, mais l'usage a persisté bien après ;
  • dans les enduits brillants et lavables, typiques des cuisines et salles de bain ;
  • dans les parties communes (rambardes d'escalier, cages d'ascenseur), rénovées moins souvent que les appartements ;
  • sur les portes, armoires, fenêtres et les boiseries en général ;
  • sous les couches récentes : une peinture saine peut recouvrir une couche de céruse.

Les pigments concernés ont des noms anciens (céruse, minium, jaune de Naples), et la couleur ne dit rien : le plomb servait aussi de siccatif dans les peintures à l'huile, quelle que soit leur teinte. Seule une analyse établit sa présence.

Comment diagnostiquer

Deux approches coexistent, et un cabinet outillé les combine :

La mesure sur place par fluorescence X (XRF). Un analyseur portable mesure la teneur en plomb à travers les couches, sans prélèvement, en quelques secondes par point. Elle permet de balayer beaucoup de surfaces et de cibler. Elle exige un appareil étalonné et une personne formée à la radioprotection.

Le prélèvement et l'analyse en laboratoire. Un fragment de peinture, toutes couches comprises, part au laboratoire, qui rend une teneur (en mg/kg ou en % massique). C'est la méthode de référence, et la seule qui laisse une preuve matérielle.

Dans les 2 cas, ce qui fait la qualité du diagnostic est identique à l'amiante : chaque point mesuré ou prélevé est localisé, photographié et référencé, et le rapport lit ces enregistrements plutôt qu'un carnet. Les mêmes fiches d'échantillon, les mêmes étiquettes QR, le même bordereau, avec la substance « plomb » au lieu d'« amiante ».

Ce que le rapport doit dire

  • les surfaces mesurées ou prélevées, avec leur localisation et leur état (intact, écaillé, farinant) ;
  • la teneur trouvée, avec la méthode et, pour le laboratoire, la référence de l'analyse ;
  • les surfaces contenant du plomb sur lesquelles les travaux prévus impliquent une abrasion, un décapage ou une démolition ;
  • les mesures recommandées : travail en conditions humides, aspiration à la source avec filtre adapté, protection respiratoire, confinement, gestion des poussières et des résidus comme déchets spéciaux, et pour Genève l'annonce au SABRA.

Pour un logement occupé, le rapport peut aussi rappeler les gestes de précaution que le canton de Genève recommande aux habitants : ne pas poncer soi-même, éliminer les poussières avec un chiffon humide, se laver les mains, surveiller les enfants, et recouvrir un revêtement dégradé plutôt que le laisser s'écailler.

Le plomb et les autres polluants dans la même mission

Un diagnostic avant travaux en Suisse romande porte rarement sur une seule substance. Amiante, plomb, PCB (joints, peintures, condensateurs) et HAP (colles, étanchéités, bitumes) se cherchent dans la même visite, avec les mêmes prélèvements parfois. L'outil du cabinet doit donc traiter la substance comme un attribut de l'échantillon, pas comme un type de mission : un joint de fenêtre part au laboratoire pour amiante et PCB à la fois, avec deux lignes sur le bordereau et une seule fiche.

Ce que Diagflows en fait

Chaque prélèvement dans Diagflows porte une ou plusieurs substances (amiante, plomb, HAP, PCB, radon), sa pièce, sa photo et son étiquette. Le bordereau se génère par laboratoire et par substance, les résultats reviennent sur la fiche, et la trame du rapport sait qu'une mission peut combiner plusieurs polluants sans dupliquer l'inventaire.

Sources

L'équipe Diagflows

Diagflows

Le logiciel des cabinets de diagnostic, du terrain au rapport.

Photos et prélèvements sur place, étiquettes QR, bordereau labo, rapport contrôlé, facture QR. Une base par cabinet, hébergée en Europe.

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